lundi 16 octobre 2017

TABLEAU DE CHASSE


Il a un joli corps et la tête bien pleine,
L'arrogante fierté de ses trente années,
Il marche tête haute, le sang dans ses veines,
Bouillonne à la moindre jupette plissée.
Il aime quand le vent en légère brise,
Fait se soulever plus haut le tissu léger,
De la demoiselle, la belle promise,
Pour ses yeux rieurs, sa bouche à baiser.
Qu’elle se laisse prendre et tombe dans le piège,
Elle n’a qu’un seul vœu, ne plus en sortir,
Belle prisonnière d’un doux sortilège,
Elle rêve de ses bras, elle rêve de soupirs.
Il va la conduire jusque dans son lit,
Et pour la première fois prendra le chemin,
Du jardin secret jusqu’alors interdit,
Qu'il commencera, par découvrir de la main.
Il a mille façons de combler ses désirs,
De faire se pâmer la belle demoiselle,
Voyez-vous Madame, désolé de le dire,
Le bellâtre n'aime que les jeunes pucelles.
Etre le tout premier à déchirer le voile,
Se laissant guider par son seul plaisir,
Faire naître la femme de la jeune étoile,
Rester dans son cœur un simple souvenir.
Un tableau de chasse en guise de mémoire,
Image détruite en une seule nuit,
Ce n'est pas mon cas, je vous prie de le croire,
Dans des bras aimants, je me suis construit.

Claude Lepenseur juin 2014

vendredi 13 octobre 2017

LES BRAVES GENS


Beaucoup de personnes ont la prétention,
De décider ce que doit être une réputation.
Si notre vie ne suit pas la même voie,
Rapidement on vous montrera du doigt,
Vous ne faites pourtant de tort à personne,
En ne vibrant pas au même métronome.
Mais les braves gens n'aiment pas que,
L'on vive à un autre rythme qu'eux.

Quand un événement est relaté à la télé,
Il faudrait qu’on se sente aussi concerné,
Si la fête est décidée par les médias,
On ne peut pas dire «ça nous regarde pas».
On ne fait pourtant de tort à personne,
En n'écoutant pas celui qui fredonne,
Mais les braves gens n'aiment pas que,
L'on aime des autres choses qu'eux.

Quand je vois tous ces malheureux,
Traités plus mal que des lépreux,
J’avoue, il est difficile de se taire,
Mais parler n’excuse pas de ne rien faire.
Vous ne faites pourtant de tort à personne,
En demandant le respect pour tous les hommes,
Mais les braves gens n'aiment pas que,
L'on ne fasse pas toujours comme eux.

Pas besoin de dire qu’on a compris,
Quand on renie tous ses amis,
Pas les mêmes buts, pas les mêmes goûts,
Et c’est fini, ils rejettent tout.
Ils ne font pourtant de tort à personne,
En ne suivant pas les chemins qu’on donne,
Mais les braves gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux.

Création d’après le texte « la mauvaise réputation » de Georges Brassens

mercredi 11 octobre 2017

TON VISAGE


Ton visage est le soleil qui a marqué ma vie,
Il s’est imposé à moi, avant même de te voir,
Merveilleux paysage comme je te remercie,
De t’être imposé au fond de ma mémoire.

La beauté de ton âme, s’est mirée dans mes yeux,
Étourdissant mon cœur et noyant ma raison,
Ivresse de bonheur qui me rend paresseux,
Jouissant de la vie, sans poser de question.

Ton visage est maintenant le soleil de ma vie,
J'aime le parcourir, le chérir de mes mains,
C’est en le parcourant, que doucement j’ai appris,
Que dans tes yeux verts, se reflètent les miens.

Je reçois ton visage en cadeau de la vie,
Avec tout ton amour, je suis devenu roi,
Te voir t’éloigner, je n’en ai pas envie,
Mon cœur cesserait de battre si j’étais loin de toi.

Claude Lepenseur octobre 2013

dimanche 8 octobre 2017

TRÈS HAUT


J'avais dessiné un petit drapeau,
Il est devenu un petit oiseau,
M'entrainant tout la haut, très haut,
Un voyage étrange, mais que c'était beau.

Tu seras très bien, me dit le drapeau,
Mais moi je voulais finir mon tableau.
Si tu veux vraiment finir ton boulot,
Respire, respire, me cria l'oiseau.

Enfin j'ouvre les yeux, et je suis ko,
Je pense à ma mie, elle est mon héros,
Il ne faut pas que sa vie finisse en sanglots.
Maintenant réuni, on se remet au boulot.

Un petit nénuphar, parmi les roseaux,
Cherche à fleurir pour les rendre plus beaux,
Mais il n'oublie pas que la haut très haut,
l'attendra toujours un petit oiseau.

Claude Lepenseur, le 7 aout 2015

vendredi 6 octobre 2017

LA MODE


La mode objet dérisoire, faite de vent et de désir,
Aux naïfs elle offre sa foire, aux vaniteux ses plaisirs.
Chaque saison d'abondance, propose à son entreprise,
De quoi s'arrondir le ventre au verger de la bêtise.
A sa table les convives ne sont jamais rassasiés,
Et vaille que vaille la suivent, sans jamais renâcler.
Narcisse en se contemplant dans l'onde de la fontaine,
Critique son look autant que sa mine et que sa dégaine.
On consomme et on fabrique, les ateliers vont bon train,
C'est bon pour la république, pour la planète ça craint.
C'est nouveau donc on achète avec un oeil sur demain,
Et chez le voisin on guette ce qui pousse dans le jardin.
Tout lui est dû, et on éduque, dès le berceau les enfants,
Des Carpates aux Moluques, ils sont déjà ses clients.
En ces temps le ridicule, c'est la sa force, ne tue plus,
Car la société s'articule, autour de ce triste point de vue.
Rien n'échappe à sa folie, animaux, plantes et objets,
De tout elle a bel appétit, elle goûte de tous les mets.
Tout est prétexte à son délire, même la philosophie,
Pauvre Socrate qui soupire, elle courre de lit en lit.
On vide son bas de laine, on s'endette, on se débat,
On se fourvoie en peines, et on ne s’en sort pas.
Il faut être de sa table, il faut marcher à son pas,
Certains pour lui plaire, meurent à tous petits pas.

Claude Lepenseur janvier 2013