jeudi 23 mars 2017

LE REGARD DE L'ENFANT


Quand un enfant me regarde, je le sens me sonder,
S’il pleure, j'entends soudain le tonnerre gronder,
Je pense et j’entends, je suis un visionnaire,
Qui est souvent averti par un vague tonnerre.
Quand ce petit être, humble et pliant les genoux,
Attache doucement sa prunelle sur nous,
Je ne sais pas pourquoi je tremble devant cette âme,
Qui n'est pas homme encore ou n'est pas encore femme,
En qui rien ne s'admire et rien ne se repent,
Sans vice et sans passé derrière elle rampant,
Verse, à travers les cils de sa rose paupière,
Une larme, dans laquelle on sent une prière.
Il regarde suppliant ce qu'il ne veut pas voir venir,
L'homme, ayant un passé, craignant son avenir.
Il regarde confiant, sans peur qu'on ne le blesse,
Il rit, sans se soucier de toutes ses faiblesses,
Je ne rencontre plus l'enfant sans éprouver d’émoi,
Je sens que je suis devant un bien plus juste que moi.
Sa haute exception dans notre obscure sphère,
C'est que, n'ayant rien fait, lui seul n'a pu mal faire,
On comprend que l'enfant, ange de nos douleurs,
Si petit ici-bas, ne peut être que grand ailleurs.
Il se traîne, il trébuche, il n'a dans l'attitude,
Dans la voix, dans le geste aucune certitude.
On dirait, que l'enfance a le reflet du temple,
Qu'il est comme un ange, et qu'il nous contemple,
Toute la profondeur du ciel est dans son magnifique œil,
Dans cette pureté sans trouble et même sans orgueil,
Il révèle à mes yeux, je ne sais quelle auguste présence,
Et ma vertu ne craint qu'un juge, celui de son innocence.

Claude Lepenseur juillet 2012 d'après le poème l'enfant de Victor Hugo

mardi 21 mars 2017

CE SIÈCLE


Siècle des ténèbres, siècle des lumières,
Je vomis ce temps, j'en oublie ma prière,
Pris dans mes tourments, toutes ces chimères,
Ce cauchemar des temps, toute cette horreur
Qui instaure chez l’homme, le règne de la peur,
Bêtise humaine faite d’ignorance, haine et misère,
Soyez bannies! Partez! Quittez donc cette terre,
Où l'homme vend son âme et la femme sa pudeur,
Où la mère tue son enfant, et l'enfant oublie sa mère,
Le sein nourricier, sa source de vie, son honneur.
Je crie ma douleur et je crie ma colère,
En face de ce monde injuste, cet enfer,
Où Dieu n'est plus Maître, où Dieu n'est plus Seigneur.
Joli cœur, mon joli cœur! Je te changerais bien en pierre,
Pour oublier ces fous, tous ces oiseaux de malheur,
Mais, au lieu d'une pierre, hélas, il n'y a qu'une fleur,
Qui pousse, au fond de moi, et me sert de cœur.

Claude Lepenseur le 12 mars 2010


samedi 18 mars 2017

JE ME SUIS DEMANDÉ


Je me suis souvent demandé,
Pourquoi une planète comme la terre,
Voit tous ses peuples se déchirer ?
Pourquoi vouloir toujours la guerre ?
Il serait si simple de tous s’aimer,
Pour goûter, la liberté et l’amitié,
De vivre comme des frères,
Pratiquer la solidarité,
Et de laisser le fruit amer,
Pour celui de l’oranger.
Je me suis souvent demandé,
Pourquoi les êtres qui veulent la paix,
Sont tour à tour assassinés ?
Mais quel dieu l’a déjà demandé ?
Quel peuple est donc son bras armé ?
La justice qui seul va en décider ?
Pourquoi derrière une foi se cacher ?
Pour masquer notre vanité,
Et tous nos crimes injustifiés, 
Pourquoi ce serait à nous de décider,
Qui a droit à la postérité ?
On a tous droit à l’égalité,
Il ne faudrait pas l’oublier.
Je me suis souvent demandé,
Pourquoi suivant l’endroit ou on est né,
Nous n’avons pas les mêmes droits ? 
Pourquoi certains sont affamés ?
Quand d’autres gaspillent sans compter ?
Et restent sourds à leurs voix ?
A quoi ça sert de gaspiller ?
Sans un regard de fraternité ?
On aurait tous à y gagner.
Un petit geste d’amitié,
Ça ne va pas nous coûter,
Ça ferait avancer l’humanité.
Je me suis souvent demandé,
Pourquoi, c’est quand tout a raté,
Que l’on commence à prier ?
Un dieu qu’on a souvent renié,
Et dans la peine, on va chercher,
L’aide qu’on n’a pas trouvé,
Et c’est toujours pour réclamer,
Que ce dieu on va implorer,
Et jamais pour remercier.
Comment peut-on s’imaginer,
Que nous serions récompensés,
De ne prier que par intérêt ?
C’est tous les jours que l’on devrait,
Dire merci de toutes ses bontés,
Que pour nous la nature a créé.
Il suffirait de regarder,
Et on serait émerveillé,
Des splendeurs qui nous sont confiées,
J’aimerais que vous y pensiez.

Claude Lepenseur aout 1971 d'après la chanson de Richard Anthony, « je me suis souvent demandé »

jeudi 16 mars 2017

LE GRAND ESPRIT


Frère, notre territoire était grand, le vôtre petit,
Vous avez volé nos chasses et nos cultures,
Réduisant la surface de nos camps et de nos tipis,
Il nous reste à peine l'espace pour nos couvertures.

Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas,
Vous voulez nous forcer à épouser votre religion,
Homme blanc tu veux être le seul à régner ici bas,
En éliminant celui qui ne partage pas tes opinions.

Frère, tu prétends nous apprendre à prier,
Que la vérité se tient dans tes paroles,
Une religion, mais les blancs sont partagés,
Et ils se querellent pour une histoire de symbole.

Notre respect des choses nous vient de nos ancêtres,
Notre religion, c’est ainsi que nous l’avons reçue,
Pour rendre un culte, chacun a sa manière,
Que l’on croit en Bouddha, ou alors en Jésus.

Nos sages nous enseignaient la tolérance,
A protéger nos enfants, nos femmes et nos frères,
Souviens-toi, j’aimerais que toi tu y penses,
Qu'il faisait bon vivre sur l’ensemble de nos terres.

Claude Lepenseur octobre 2011

lundi 13 mars 2017

THÊATRE DE LA VIE


Théâtre planétaire, le rideau s'est levé,
Silence, tempête, la pièce a commencé,
Les acteurs se meuvent pour déplacer leurs pions,
Ils savent bien pourtant comment influencer l’opinion,
Au nom d’une morale, étriquée et agressive,
Ils vont nous faire stagner dans une vie oisive,
Détruisant le bonheur, l’espoir et la confiance,
Insidieusement ils font le chemin de l’intolérance.
Toute la comédie tourne autour de l’argent,
Il n’y a rien de mieux pour manipuler les gens,
Tout ce que le peuple veut, il peut bien l’acheter,
Tout s’achète et se vend, même la qualité.
On se bat on se tue, pour défendre une région,
Pour imposer un dieu, on tue même en son nom,
Chacun espère un siège, pour la démocratie,
Mais désire le pouvoir pour le reste de sa vie.
Les comédiens sur scène ne font rien que passer,
Régulièrement, ils seront tous remplacés,
Mais la comédie restera toujours la même,
Au fil des jours, tout au long des semaines.
Quand je vois ces artistes minuscules et tragiques,
Je rêve en ma mémoire d'un monde qui est magique,
Ils peuvent bien jeter sur le peuple tout leur blâme,
Le peuple vivra en paix tant qu'il aura une âme.

Claude Lepenseur janvier 2012